Si vous ronflez — ou si vous dormez (essayez de dormir, disons) à côté de quelqu'un qui ronfle — vous connaissez probablement déjà le scénario : les coups de coude à 2 h du matin, le déménagement vers le divan ou la chambre d'amis, et le réveil où tout le monde est épuisé même après huit heures « de sommeil ».
Et vous connaissez peut-être aussi la suite : la machine CPAP.
Efficace, oui. Mais voici un chiffre que bien des gens découvrent seulement après l'avoir achetée : selon les études publiées, entre 30 % et 60 % des patients finissent par mal l'utiliser, ou par l'abandonner complètement.
Une revue de vingt années de données conclut que ce taux n'a pratiquement pas bougé — malgré des machines toujours plus silencieuses et des masques toujours plus confortables.
Les raisons reviennent tout le temps : le masque qui serre, la bouche sèche au réveil, la sensation d'étouffer, le bruit, le tuyau qui suit partout.
Certains arrachent même le masque dans leur sommeil sans s'en rendre compte.
Au Québec, il y a une couche de plus : la machine, c'est souvent 1 500 $ à 2 500 $ et plus de votre poche — sans compter les masques, filtres et tuyaux à remplacer régulièrement — selon ce que couvrent (ou non) vos assurances privées.
Alors quand le corps refuse la machine, beaucoup de gens en concluent qu'ils ont « échoué » leur traitement.
Et c'est exactement là que ça vaut la peine de retourner le raisonnement.